Affichage des articles dont le libellé est coup de cœur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est coup de cœur. Afficher tous les articles

22/06/2026

La trilogie de Copenhague / The Copenhagen Trilogy - Tove Ditlevsen


RESUME

Années 1920. Dans un quartier ouvrier de Copenhague, Tove grandit avec un rêve secret : échapper à son milieu pour devenir écrivaine. Elle est alors loin d'imaginer les obstacles qui se dresseront sur sa route. Au fil d'Enfance, Jeunesse et Dépendance, Tove Ditlevsen raconte avec une remarquable intensité sa condition féminine et celle d'artiste : son passage à l'âge adulte, ses premiers pas dans l'écriture, l'emprise de l'amour, la maternité et le piège de l'addiction - et, surtout, ce désir ardent de vivre comme elle l'entend.

CE QUE J'EN AI PENSE

La trilogie de Copenhague est certes une autobiographie mais à travers la vie de Ditlevsen c'est tout un pan de la société danoise de la première moitié du XXème siècle que l'on découvre. En effet, l'écrivaine naît dans un quartier populaire et est confrontée dès son plus jeune âge à la misère sociale et à ses acolytes telle que la prostitution qu'elle nous dépeint avec l'innocence de l'enfant qu'elle était. Dotée d'une sensibilité poétique et d'un sens littéraire inné, Tove Dilevsen a toujours contrasté avec le milieu rustre dans lequel elle évolue. Son écriture est très poétique, très belle, d'une sensibilité aiguë. Elle est aussi très triste. En effet, ce livre transpire une mélancolie douloureuse et un profond mal être. La vie de Tove Ditlevsen n'aura jamais été heureuse : elle passe d'un quartier miséreux à des relations amoureuses tourmentées jusqu'à tomber dans l'addiction qui va la poursuivre jusqu'à la fin de sa vie. Malgré un talent d'écriture incontestable, Tove Ditlevsen n'a jamais réussi à s'en sortir. Son témoignage n'en est que plus touchant. Celui d'une femme intelligente mais fragile qui ne s'émancipera jamais. Roman social, La trilogie de Copenhague l'est aussi à travers ce portrait de la condition féminine du début du XXème siècle. Au total, j'ai trouvé cette œuvre frappante et brillamment écrite. Je la recommande vivement.


SUMMARY 

Tove Ditlevsen is today celebrated as one of the most important and unique voices in twentieth-century Danish literature, and The Copenhagen Trilogy (1969-71) is her acknowledged masterpiece. Childhood tells the story of a misfit child's single-minded determination to become a poet; Youth describes her early experiences of sex, work, and independence. Dependency picks up the story as the narrator embarks on the first of her four marriages and goes on to describe her horrible descent into drug addiction, enabled by her sinister, gaslighting doctor-husband.

MY THOUGHTS

The Copenhagen Trilogy is certainly an autobiography, but through Ditlevsen’s life we discover a whole cross-section of Danish society in the first half of the 20th century. Indeed, the writer was born in a working-class neighbourhood and, from a very young age, was confronted with social deprivation and its accompanying ills, such as prostitution, which she depicts with the innocence of the child she once was. Endowed with a poetic sensibility and an innate literary flair, Tove Ditlevsen always stood in stark contrast to the rough-and-ready environment in which she grew up. Her writing is deeply poetic, beautiful and imbued with acute sensitivity. It is also deeply sad. Indeed, this book exudes a painful melancholy and a profound sense of unease. Tove Ditlevsen’s life was never a happy one: she drifted from a poverty-stricken neighbourhood to troubled romantic relationships, eventually falling into the addiction that would haunt her until the end of her life. Despite her undeniable talent as a writer, Tove Ditlevsen never managed to pull herself out of it. Her account is all the more moving for it. It is the story of an intelligent yet fragile woman who never found her independence. As a social novel, The Copenhagen Trilogy is also significant for its portrayal of the condition of women in the early 20th century. Overall, I found this work striking and brilliantly written. I highly recommend it. 

14/01/2026

DJ Bambi - Audur Ava Olafsdottir


RESUME

Logn est biochimiste, spécialisée dans les cellules, les plus petits éléments du corps humain. Elle a 61 ans, s’est toujours sentie femme mais est née dans un corps d’homme. Longtemps elle a tenté de s’en accommoder, s’est parfois habillée en femme, a parfois couché avec des hommes, a été DJ dans un bar gay. Puis elle s’est mariée avec Sonja, a eu un fils, qui lui-même est devenu adulte. Et soudain c’est devenu intolérable, à se jeter dans l’océan pour ne plus jamais reparaître : elle ne veut pas, quand la mort la rattrapera, que son cercueil se referme sur un corps qui ne lui correspond pas. Divorce, traitement hormonal, et bientôt, elle l’espère, l’opération du bas. À son âge ? Sa famille l’a rejetée, ses sœurs refusent qu’elle porte le prénom de leur grand-mère Guðriður. Son seul soutien est son frère jumeau, Trausti, qui passe la voir tous les jours et l’appelle pour lui souhaiter bonne nuit. Il veille sur elle. Face au désarroi d’avoir perdu un frère, il ne peut prendre le risque de perdre aussi sa sœur.

CE QUE J'EN AI PENSE

Je retrouve dans ce roman toute la puissance de la plume d'Audur Ava Olafsdottir qui m'avait manqué dans son précédent roman. DJ Bambi nous raconte l'histoire d'une femme transexuelle. A travers elle, c'est toute une réflexion sur ce que c'est qu'être une femme que l'auteure nous livre ou plutôt nous suggère car, comme souvent, la prose d'Audur Ava Olafsdottir est à la fois pudique et intime. Les mots sont posés sans fioriture, avec une poésie simple mais dotée d'une force évocatrice résonnante. Ce roman a une surface calme comme le "logn", mot islandais désignant l'état où le vent est retombé, que le personnage a choisi comme prénom de transition. Mais les émotions affleurent et nous percutent d'autant plus dans cette apparente tranquillité. DJ Bambi est empreint d'une force insoupçonnée. Un roman d'une grande sensibilité et d'une grande humanité qui suscite la réflexion et que je vous recommande chaudement. 

05/01/2026

Le roi Berger / The Shepherd King - Rachel Gillig


RESUME


Tome 1 : Une fenêtre sur les ténèbres

La magie sent le sel. La sens-tu dans la brume, dans les cartes, dans ta propre demeure ?
Dans le royaume de Bourde, la brume dévore tout. Ceux qui la respirent contractent la Fièvre. Mortelle pour la plupart, ceux qui en réchappent développent des dons interdits pour lesquels ils sont pourchassés et exécutés par l'ordre des Destriers.
Survivante de la Fièvre, Elspeth du Fusain fait tout pour dissimuler son pouvoir à son entourage, mais l'ancienne créature au caractère versatile qui rôde dans son esprit rend cette tâche impossible.
Sa vie bascule lorsqu'elle rencontre Ravyn d'If, neveu du Roi.
Propulsée dans un monde d'ombres et d'intrigues, Elspeth accepte de l'aider à lever le sort qui empoisonne le royaume, entrevoyant l'espoir de soigner son propre mal. Ensemble, ils devront rassembler les douze cartes de Providence. Mais tout a un prix, et la créature qui corrompt l'esprit d'Elspeth pourrait bien lui arracher son ultime espoir...

Tome 2 : Deux couronnes corrompues

Entre de vieux arbres où la brume s'épaissit, demeure la dernière carte. Moi seul sais la trouver... Qui l'ai cachée là.
Alors qu'Elspeth et Ravyn avaient presque rassemblé les douze cartes de Providence, l'ombre du Cauchemar a pris possession de l'esprit de la jeune femme. Une course contre la montre s'enclenche, mais la carte des Deux Aulnes reste introuvable. Iona et le prince Orme, quant à eux, luttent contre les jeux de pouvoir de la cour, essayant de comprendre ce qui empoisonne le royaume.
Ensemble, ils auront jusqu'au solstice afin de lier le jeu et soigner l'infection. Pour cela, il leur faudra arpenter la forêt baignée de brume qui étouffe leur pays. Mais le seul capable de les guider dans ce labyrinthe est le Cauchemar... et ce dernier compte sur un dénouement que personne n'aurait pu soupçonner.

CE QUE J'EN AI PENSE

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu d'aussi bons romans de fantasy. On est tout de suite happé par l'histoire d'Elspeth et par ce monde sombre et brumeux. L'écriture est immersive, entêtante comme une comptine, poétique et sybilline comme une prophétie. Elle m'a un peu fait penser à l'écriture de L'épouvanteur pour ceux qui connaissent. L'histoire aux allures de conte ténébreux, de quête médiévale et de romance contrariée est passionnante. Les deux tomes se dévorent avec une fluidité rare. Les personnages sont comme j'aime : dotés d'une part d'ombre qui menace parfois des les engloutir. Il y a également une veine sarcastique grinçante que j'ai adorée. L'univers est fascinant et notre imagination est tout de suite submergée d'images de châteaux médiévaux, d'obscures forêts, de paysages recouverts de nappes de brume et de lueurs colorées émanant des cartes. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette duologie une saga de fantasy réussie et l'exécution est parfaite. Véritable coup de coeur pour ces deux tomes magiques qui nous offrent une lecture ensorcelante. 


SUMMARY


One Dark Window

Elspeth needs a monster. The monster might be her.
Elspeth Spindle needs more than luck to stay safe in the eerie, mist-locked kingdom of Blunder—she needs a monster. She calls him the Nightmare, an ancient, mercurial spirit trapped in her head. He protects her. He keeps her secrets.
But nothing comes for free, especially magic.
When Elspeth meets a mysterious highwayman on the forest road, her life takes a drastic turn. Thrust into a world of shadow and deception, she joins a dangerous quest to cure Blunder from the dark magic infecting it. And the highwayman? He just so happens to be the King’s nephew, Captain of the most dangerous men in Blunder…and guilty of high treason.
Together they must gather twelve Providence Cards—the keys to the cure. But as the stakes heighten and their undeniable attraction intensifies, Elspeth is forced to face her darkest secret yet: the Nightmare is slowly taking over her mind. And she might not be able to stop him.

Two Twisted Crowns

Elspeth and Ravyn have gathered most of the twelve Providence Cards, but the last, and most important one remains to be found: The Twin Alders.
If they are going to find it before the Solstice and cure the kingdom of the dark magic infecting it, they will need to journey beyond the dangerous mist-cloaked forest that surrounds their kingdom.
And the only one who can lead them there is the monster that shares Elspeth's head. The Nightmare. And he's not eager to share any longer.

MY THOUGHTS

It had been a long time since I had read such good fantasy novels. You are immediately drawn into Elspeth's story and this dark and misty world. The writing is immersive, haunting like a nursery rhyme, poetic and cryptic like a prophecy. It reminded me a little of the writing style in The Spook's Apprentice, for those who are familiar with it. The story, reminiscent of a dark fairy tale, a medieval quest and a thwarted romance, is fascinating. The two volumes are devoured with rare fluidity. The characters are just how I like them: with a dark side that sometimes threatens to engulf them. There is also a darkly sarcastic vein that I loved. The world is fascinating, and our imagination is immediately flooded with images of medieval castles, dark forests, landscapes covered in mist and colourful glows emanating from the cards. All the ingredients are there to make this duology a successful fantasy saga, and the execution is perfect. I absolutely loved these two magical volumes, which offer a spellbinding read.

22/09/2025

Candyland - Jax Miller


RESUME

Candyland n'est pas un conte ordinaire. C'est l'Amérique. Il était une fois Sadie Gingerich, ancienne amish, seule dans sa confiserie d'une ville minière de Pennsylvanie. Sa vie va brutalement changer lorsque son fils est assassiné par sa petite amie, Allison. Cruauté du destin, Sadie fait la rencontre de Danny, le père d'Allison, en proie à ses propres démons. Leurs lourds passés et le choc du meurtre s'entremêlent pendant l'enquête de police, révélant une vérité indicible. Entre les doux pâturages de la communauté amish, les montagnes isolées du Nord et les villes minières abandonnées de la Rust Belt, la vie et l'amour sont broyés, laminés par la drogue et la pauvreté de l'Amérique rurale. Un lieu où les rêves ne se réalisent pas, où les fins heureuses n'existent pas.

CE QUE J'EN AI PENSE

Le titre, Candyland, pourrait présager d'un univers coloré, lumineux et innocent. Mais ce roman est tout l'inverse. Jax Miller nous plonge dans une Amérique noire, polluée, pourrie jusqu'à la moelle. A travers la ville de Cane, l'écrivaine nous parle de ces villes ravagées par la drogue et le crime. Elle nous parle de ces hommes et de ces femmes vidés par une existence misérable. Les personnages qu'elle dépeint sont torturés, abîmés par la vie et recèlent tous en eux une part d'ombre qui menace de les engloutir. L'écriture de Jax Miller est percutante. La force évocatrice de ses mots est épatante. Elle crée une atmosphère glauque qui dégouline à travers les pages et inonde notre imagination. Il y a une poésie étonnante dans ses descriptions, dans ses tournures de phrase malgré tout le sordide qui ressort de sa plume. Le récit est extrêmement bien construit. Jax Miller est avare comme il faut en secrets, retirant peu à peu le voile de mensonges, de non dits qui étouffe les personnages. Le suspense est magnifiquement maîtrisé et l'intrigue parfaitement ficelée, nous tenant en haleine jusqu'à la toute fin. Bien que long, Candyland se dévore car il est d'une intensité brûlante. 

SUMMARY

Candyland is not an ordinary tale. It's America. Once upon a time, Sadie Gingerish, reformed Amish, alone in her candy store in a mining town of Pennsylvania. Her life is brutally going to change when her son is murdered by his girlfriend, Allison. Fate may be cruel as Sadie meets Danny, Allison's father, who is also facing his own demons. Their heavy pasts and the shock of the murder collide during the police investigation, revealing truths that can't be told. Between the sweet pastures of the amish community, the isolated mountains of the North and the abandoned mining towns of the Rust Belt, life and love are crushed, destroyed by drugs and poverty of rural America. A place where dreams don't come true, where happy endings never happen.

MY THOUGHTS

The title, Candyland, could have lead to a universe full of light, colors and innocence. It could not be farther from this. Jax Miller takes us into the depths of a dark, polluted, rotten America. Through the city of Cane, the writer tells us the stories of these ravaged cities in the grip of drugs and crime. She tells us about these men and women whose souls were sucked away by a pityful existence. The characters she paints are tortured, damaged by life and all hold something dark within that threatens to swallow them up. Jax Miller's writing is impactful. The evocative force of her words is amazing. She creates a gloomy atmosphere that oozes from the pages and swamps our imagination. There is some surprising poetry in her descriptions, her phrases despite how sordid the events she recounts are. The story is very well built. Jax Miller is rightly stingy with secrets and unveils the lies and unspoken dramas one by one. The suspense is beautifully mastered and the intrigue perfectly crafted, letting us at the edge of our seat at all times. Even though its length, Candyland is a book you devour efortlessly as its intensity burns you inside.  

24/02/2025

Intermezzo - Sally Rooney


RESUME

Ivan et Peter, deux frères que les années ont éloignés, se retrouvent à la mort de leur père. Ivan, vingt-deux ans, est un brillant joueur d'échecs, ultrasensible et solitaire. Peter, juriste renommé de Dublin, est un trentenaire aux multiples conquêtes. Tous deux vivent des amours périlleuses pendant ce moment délicat du deuil, intermède de vie où la fragilité n'exclut pas l'aventure. 

CE QUE J'EN AI PENSE

Sally Rooney a encore frappé. Avec Intermezzo, elle nous offre un livre d'une justesse redoutable. Comme toujours, l'écrivaine nous parle de relations. Relations amoureuses, relations fraternelles, relations conflictuelles. L'autrice nous plonge dans la psyché de Peter et d'Ivan, deux frères que tout semble opposer. Peter, la trentaine, riche avocat, au large cercle social. Ivan, vingt-deux ans, joueur d'échecs, maladroit dans ses rapports avec les autres. Et pourtant, alors qu'ils affrontent tous les deux le deuil de leur père, nous découvrons ce qui les rapproche : le besoin d'être aimé. Un besoin humain primordial. Les relations amoureuses des deux frères sont complexes, tumultueuses et révèlent chez eux leurs failles, leur vulnérabilité, leur sensibilité. Intermezzo est un roman d'une finesse psychologique rare, dans la continuité des autres œuvres de Sally Rooney. Il m'a semblé que l'écriture ici était encore plus aboutie. Il y a ce rythme lent, cette façon de raconter comme si l'on vivait les événements avec cette tendance qu'à notre œil à relever des détails insignifiants mais aussi à s'attarder sur la beauté et la poésie du monde qui nous entoure. Cette façon de raconter la pensée aussi, à la fois fluide et fragmentée. C'est ainsi que les mots de Sally Rooney trouvent un écho en nous et résonnent au plus profond de notre être. C'est à la fois doux et puissant. Comme une vague qui nous berce et nous emporte.

 


SUMMARY

Aside from the fact that they are brothers, Peter and Ivan Koubek seem to have little in common.
Peter is a Dublin lawyer in his thirties—successful, competent, and apparently unassailable. But in the wake of their father’s death, he’s medicating himself to sleep and struggling to manage his relationships with two very different women—his enduring first love, Sylvia, and Naomi, a college student for whom life is one long joke.
Ivan is a twenty-two-year-old competitive chess player. He has always seen himself as socially awkward, a loner, the antithesis of his glib elder brother. Now, in the early weeks of his bereavement, Ivan meets Margaret, an older woman emerging from her own turbulent past, and their lives become rapidly and intensely intertwined.
For two grieving brothers and the people they love, this is a new interlude—a period of desire, despair, and possibility; a chance to find out how much one life might hold inside itself without breaking.

MY THOUGHTS

Sally Rooney has done it again. With Intermezzo, she has given us a book that feels formidably true. As always, the author talks about relationships. Love relationships, sibling relationships, conflictual relationships. The author plunges us into the psyche of Peter and Ivan, two brothers whom everything seems to oppose. Peter, in his thirties, is a wealthy lawyer with a wide social circle. Ivan, twenty-two, a chess player, awkward in his relationships with others. And yet, as they both deal with the loss of their father, we discover what brings them together: the need to be loved. A primordial human need. The brothers' romantic relationships are complex and tumultuous, revealing their flaws, their vulnerability and their sensitivity. Intermezzo is a novel of rare psychological finesse, in keeping with Sally Rooney's other works. I felt that the writing here was even more accomplished. There's this slow rhythm, this way of recounting events as if we were living them, with our eye's tendency to pick out insignificant details but also to linger on the beauty and poetry of the world around us. It's also a way of recounting thought that's both fluid and fragmented. It's in this way that Sally Rooney's words resonate with us to the very depths of our being. It's both gentle and powerful. Like a wave that rocks us and carries us away. 

04/02/2025

Electre / Elektra - Jennifer Saint


RESUME

Trois femmes prisonnières d'une malédiction arracheront leur liberté aux dieux.
La famille des Atrides est maudite. C'est une lignée corrompue par un cycle ininterrompu de violence, où la soif de vengeance s'est transmise de génération en génération.
Clytemnestre est la femme d'Agamemnon. Son espoir de briser le sort qui pèse sur les Atrides est fracassé lorsque sa soeur, Hélène, s'enfuit à Troie. Son mari lève alors la plus grande armée au monde, prêt à triompher quel qu'en soit le prix.
Cassandre est princesse de Troie. Victime du courroux d'Apollon, elle voit l'avenir sans que l'on accorde le moindre crédit à ses prophéties. Elle seule sait que la cité légendaire tombera.
Électre, la plus jeune fille de Clytemnestre et d'Agamemnon, grandit dans l'ombre d'un père absent dont elle fantasme la grandeur. Rongée de solitude, elle devra faire face au poids de son terrible héritage.
Proies tragiques des dieux et des hommes, ces héroïnes inoubliables incarnent les différentes facettes d'une féminité en lutte.

CE QUE J'EN AI PENSE

Jennifer Saint nous conte l'histoire tragique de la famille des Atrides à travers trois femmes, Clytemnestre, Cassandre et Electre. Elles nous livrent tour à tour leur vision de cette période troublée de la mythologie grecque. Toutes trois nous offrent ainsi un portrait intime des différents protagonistes de la guerre de Troie et nous dévoilent les racines de ce conflit légendaire. Ayant lu récemment Le chant d'Achille, j'ai trouvé que ce roman était le parfait complément car il propose un point de vue différent mettant en lumière Agamemnon d'un côté et la famille du roi Priam de l'autre tandis que le roman de Madeline Miller se concentrait sur le héros éponyme Achille. Ce dernier nous faisait pénétrer au cœur de la guerre. Dans Electre, nous voyons la guerre de l'extérieur. Par ailleurs, ce roman est une histoire de femmes. Clytemnestre, Cassandre et Electre sont très différentes les unes des autres. Jennifer Saint explore la psyché de chacune en profondeur et nous plonge dans leurs états d'âme. Quand on repose ce livre, on entend encore l'écho de leurs voix puissantes. Electre est un livre captivant. Je l'ai dévoré.  


SUMMARY

The House of Atreus is cursed. A bloodline tainted by a generational cycle of violence and vengeance. This is the story of three women, their fates inextricably tied to this curse, and the fickle nature of men and gods.
Clytemnestra
The sister of Helen, wife of Agamemnon - her hopes of averting the curse are dashed when her sister is taken to Troy by the feckless Paris. Her husband raises a great army against them, and determines to win, whatever the cost.
Cassandra
Princess of Troy, and cursed by Apollo to see the future but never to be believed when she speaks of it. She is powerless in her knowledge that the city will fall.
Elektra
The youngest daughter of Clytemnestra and Agamemnon, Elektra is horrified by the bloodletting of her kin. But, can she escape the curse, or is her own destiny also bound by violence?

MY THOUGHTS

Jennifer Saint tells the tragic story of the Atrides family through the eyes of three women, Clytemnestra, Cassandra and Elektra. They take it in turns to give us their vision of this troubled period in Greek mythology. All three offer us an intimate portrait of the various protagonists of the Trojan War and reveal the roots of this legendary conflict. Having recently read The Song of Achilles, I found this novel to be the perfect complement, as it offers a different point of view, focusing on Agamemnon on the one hand and King Priam's family on the other, whereas Madeline Miller's novel concentrated on the eponymous hero Achilles. The latter took us right to the heart of the war. In Elektra, we see the war from the outside. The novel is also about women. Clytemnestra, Cassandra and Elektra are very different from each other. Jennifer Saint explores the psyche of each of them in depth and plunges us into their states of mind. When you put the book down, you can still hear the echo of their powerful voices. Elektra is a captivating book. A real page-turner.

27/01/2025

Médée / Medea - Rosie Hewlett


RESUME

Rosie Hewlett nous raconte à sa manière le mythe de Jason et de la toison d'or à travers le personnage de Médée. Enfant malheureuse, rejetée par sa mère, persécutée par son père et son frère, abandonnée par sa tante et tutrice Circé, Médée est brisée de l'intérieur. Alors quand elle rencontre le solaire et charismatique Jason, elle voit en lui une chance de se reconstruire, d'être aimée et d'être libre. Médée se donne corps et âme mais cela ne va-t-il pas la mener à sa perte ? 

CE QUE J'EN AI PENSE

Ce roman nous narre l'histoire fascinante de Médée, magicienne puissante, aux pouvoirs à la fois merveilleux et destructeurs. Je connaissais peu ce mythe grec et ai été ravie de le découvrir à travers l'écriture de Rosie Hewlett. Le personnage de Médée est construit avec une finesse psychologique aiguë. C'est le portrait d'une femme dont la maltraitance dans l'enfance a fait naître en elle un besoin viscéral d'être aimée. Elle va ainsi se jeter à corps perdu dans une passion au risque d'être annihilée. Il est facile quand on baigne dans la solitude, l'amertume et le rejet de tomber dans une vengeance froide et violente. Ce livre illustre parfaitement la phrase "L'enfer ne contient pas plus de furie qu'une femme dédaignée." Rosie Hewlett nous livre une histoire passionnante que je vous encourage à lire sans plus tarder. Une tragédie dévorante et magnétique portée par la figure d'une femme à la fois vulnérable et redoutable. 


SUMMARY

Rosie Hewlett tells us in her own way the myth of Jason and the Golden Fleece through the character of Medea. An unhappy child, rejected by her mother, persecuted by her father and brother, abandoned by her aunt and guardian Circe, Medea is broken inside. So when she meets the sunny and charismatic Jason, she sees in him a chance to rebuild herself, to be loved and to be free. Medea gives herself heart and soul, but won't this lead to her downfall? 

MY THOUGHTS

This novel tells the fascinating story of Medea, a powerful magician with both marvellous and destructive powers. I knew little about this Greek myth and was delighted to discover it through Rosie Hewlett's writing. The character of Medea is constructed with acute psychological finesse. It is the portrait of a woman whose childhood abuse has given rise to a visceral need to be loved. So, she throws herself wholeheartedly into a passion that risks annihilation. It's easy to fall into cold, violent revenge when you're bathed in loneliness, bitterness and rejection. This book perfectly illustrates the phrase ‘Hell hath no fury like a woman scorned.’ Rosie Hewlett delivers a gripping story that I encourage you to read without further delay. An all-consuming, magnetic tragedy driven by the figure of a woman who is both vulnerable and fearsome.

21/10/2024

Fantastic Mr Fox réalisé par / directed by Wes Anderson


SYNOPSIS

Mr Fox est un voleur. Mais il est bien obligé de se ranger quand la renarde qu'il aime tombe enceinte. Il devient journaliste. Mais la pulsion de l'interdit le démange. Les exploitations géantes de trois humains détestables le narguent. Il décide alors de monter une dernière opération. Mais tout ne se passe pas comme prévu. 


CE QUE J'EN AI PENSE

Comment ai-je pu passer à côté de ce film pendant toutes ces années ? Fantastic Mr Fox est une petite merveille. L'esthétique est dingue. Parfait pour une ambiance automnale avec ses tons chauds, blond-roux. L'univers est tout simplement fantastique. L'histoire est divertissante à souhait. Ce film est une fable aux accents écologiques dynamique et pleine de rebondissements. En effet, Fantastic Mr Fox fait la part belle aux animaux sauvages et fait une critique de l'élevage de masse et de l'industrie. Mais il traite aussi de plein d'autres sujets de société : les compromis au sein d'un couple, la parentalité, le droit d'être différent... Les personnages sont très attachants. Fantastic Mr Fox est rempli de poésie et de malice. C'est drôle, c'est touchant et c'est beau. Un film plein de fantaisie que je vous recommande à 100%. 



SYNOPSIS

Mr Fox is a thief. But he is forced to settle down when the fox he loves becomes pregnant. He becomes a journalist. But he longs for the thrill of illegality.  And the three giant factories managed by three despicable human beings are so tempting. Mr Fox decides to mount one last operation. But not everything goes according to plan.


MY THOUGHTS

How is it that I haven't heard of this film all these years? Fantastic Mr Fox is a little marvel. The aesthetic is crazy. Perfect for an autumnal atmosphere with its warm, blond-red tones. The universe is simply fantastic. The story is so entertaining. It is a fable with an ecological undertone, dynamic and full of twists and turns. Indeed, Fantastic Mr Fox focuses on wild animals and criticises mass farming and industry. But it also deals with a host of other social issues: compromises within a couple, parenthood, the right to be different... The characters are very endearing. Fantastic Mr Fox is full of poetry and mischief. It's funny, touching and beautiful. A whimsical film that I recommend 100%. 

20/08/2024

Jamais plus réalisé par / It ends with us directed by Justin Baldoni


SYNOPSIS

Lily rencontre Ryle sur un toit. Ainsi, débute leur histoire passionnée. Mais la part sombre de Ryle fait surface et Lily se retrouve face aux monstres de son enfance. 


CE QUE J'EN AI PENSE

Ce film est l'un des plus beaux que j'ai vus récemment. Adapté du livre éponyme écrit par Colleen Hoover, ce film est une adaptation étonnamment très fidèle réalisée avec brio. Tout y est : la douceur, l'émotion, l'humour, la tristesse, la peur, le doute, le déni, l'amour. Blake Lively incarne une Lily Bloom, pleine de vie, rayonnante, intelligente, aimante, courageuse. Son histoire se veut l'écho de celle de nombre de femmes. Jamais plus nous parle de la violence conjugale et plus largement des relations toxiques avec beaucoup de nuances et d'authenticité. Colleen Hoover a véritablement été confrontée à cette problématique et cela se ressent. Le sujet est traité avec beaucoup de sensibilité. Par ailleurs, visuellement, le film est très beau. Les décors sont réussis, notamment la boutique de fleurs de Lily. Les costumes de Lily, excentriques et colorés, s'accordent à sa personnalité originale, pétillante. Les musiques s'accordent parfaitement à l'atmosphère. Un très beau film que je recommande vivement.



SYNOPSIS

Lily meets Ryle on a roof. That's how their love story begins. But Ryle's dark side emerges and Lily has to face the demons of her childhood. 


MY THOUGHTS

This film is one of the most beautiful I've seen recently. Adapted from the book written by Colleen Hoover, this film is surprsingly faithful to the novel and very well directed. There is everything in there: tenderness, emotion, humour, sadness, fear, doubt, denial, love. Blake Lively embodies a shining Lily Bloom, smart, loving, brave and full of life. Her story echoes one of many women. It ends with us tells us about conjugal violence and in a broader sense about toxic relationships with many nuances and authenticity. Colleen Hoover was herself confronted to this issue and you can see it. The subject is dealt with much sensibility. Moreover, the film is visually beautiful. The settings, particularly Lily's flower shop, are well done. Lily's costumes both excentric and colorful fit perfectly to her original and dazzling personality. The music completes the atmosphere. A very beautiful film that I strongly recommend. 

01/04/2024

Lumière d'été, puis vient la nuit / Summer Light and Then Comes the Night - Jón Kalman Stefánsson


 RESUME


Dans un petit village des fjords de l'Ouest, les étés sont courts. Les habitants se croisent au bureau de poste, à la coopérative agricole, lors des bals. Chacun participe à cette ronde de rêves et de désirs qui forment la vie. Mais leur quotidien bien ordonné se dérègle parfois : le retour d'un ancien amant qu'on croyait parti pour toujours, l'attraction des astres ou un chignon de cheveux roux - il suffit de peu pour faire basculer un destin...

CE QUE J'EN AI PENSE


Au cœur de l’Islande, il y a un village. Dans ce village, vivent des âmes à la fois banales et originales. Ce roman nous raconte leur histoire. Le narrateur s’adresse directement à nous lecteur. Il y a une poésie dans les mots de ce livre, une poésie de l’ordinaire. A travers ses mots emplis de sensibilité et de douceur, l’écrivain nous offre la beauté authentique de chaque habitant.  On nous raconte tout : la joie, la peine, le deuil, la solitude, l’amour, le drame. C’est une véritable fresque humaine à la fois simple et complexe. C’est beau, c’est touchant, c’est profond. Un pur plaisir que ce livre qui est un véritable morceau d’humanité. J’ai tout simplement adoré. Je vous le recommande vivement. 


SUMMARY


Sometimes distance from the world’s tumult can open our hearts and our dreams. In a village of four hundred souls, the infinite light of an Icelandic summer makes its inhabitants want to explore, and the eternal night of winter lights up the magic of the stars.

The village becomes a microcosm of the age-old conflict between human desire and destiny, between the limits of reality and the wings of the imagination. With humor, poetry, and a tenderness for human weaknesses, Jon Kalman Stefánsson explores the question of why we live at all.

MY THOUGHTS


In the heart of Iceland, there is a village. In this village live souls who are both mundane and original. This novel tells their story. The narrator speaks directly to the reader. There is a poetry in the words of this book, a poetry of the ordinary. Through words filled with sensitivity and gentleness, the writer offers us the authentic beauty of each inhabitant.  We are told everything: joy, sorrow, grief, solitude, love, drama. It's a veritable human fresco, both simple and complex. It is beautiful, touching and profound. This book is a pure pleasure, a real piece of humanity. I simply adored it. I highly recommend it. 

31/01/2023

En Corps réalisé par Cédric Klapisch


SYNOPSIS

Elise, 26 ans est une grande danseuse classique. Elle se blesse pendant un spectacle et apprend qu’elle ne pourra plus danser. Dès lors sa vie va être bouleversée, Elise va devoir apprendre à se réparer… Entre Paris et la Bretagne, au gré des rencontres et des expériences, des déceptions et des espoirs, Elise va se rapprocher d’une compagnie de danse contemporaine. Cette nouvelle façon de danser va lui permettre de retrouver un nouvel élan et aussi une nouvelle façon de vivre.


CE QUE J'EN AI PENSE

En Corps est un film sur la résilience. Sur la puissance de la fragilité. Tout y est : la grâce, la beauté, la douleur, l'espoir et l'amour. Ce film m'a bouleversée. Je ne saurais vous dire ce qui m'a le plus touchée. Cette femme qui marche dans les pas de sa mère. Cet amour tu entre un père et une fille. Cette douleur de la chair transcendée en éclosion. Cet abandon du classique familier pour un mouvement libre et désarticulé. Cette renaissance à travers la danse. C'est beau. C'est infiniment beau. Elise à travers sa fraîcheur, sa candeur, sa vulnérabilité et sa force nous inspire. Les images sont belles, tout en douceur. Les mots me manquent pour décrire ce que m'a fait vivre ce film. Peut-être parce qu'il nous invite à ouvrir la porte à nos failles, à nous libérer et à nous ancrer au plus proche de la terre mère. Il nous invite à ne faire qu'un avec notre corps et nos passions. A croire en la résilience du corps. En le pouvoir de l'esprit sur la matière. En Corps prend aux tripes. C'est superbe. C'est vrai. 

05/07/2022

Là où chantent les écrevisses / Where The Crawdads Sing, Delia Owens


Là où chantent les écrevisses s'ouvre sur la découverte d'un corps. Tandis que l'enquête se déroule, nous remontons dans le temps pour découvrir l'histoire de celle que l'on appelle "La fille des marais". Abandonnée par sa famille alors qu'elle n'est qu'une enfant, Kya doit apprendre à se débrouiller seule. Au fil des années, le marais va devenir la mère de cette jeune fille curieuse, vive et farouche. Grâce aux leçons d'un garçon du nom de Tate, Kya va apprendre à lire et la lecture va lui ouvrir les portes de la biologie, elle qui en connaît déjà plus que bien des scientifiques sur le marais. Lorsque Tate l'abandonne lui aussi, la jeune fille s'enferme dans sa solitude. Nombreuses sont les rumeurs qui courent sur cette sauvageonne chez les habitants du coin. Et la jeune fille se retrouve en danger... 
A l'image du marais, Là où chantent les écrevisses est un parfait mélange de lumière et d'ombre. Kya est une héroïne fascinante. Courageuse, déterminée, férocement indépendante, elle est aussi sensible et poétique. Et surtout, profondément intelligente et observatrice. Le récit de sa vie au milieu du marais est une ode à la nature sauvage et à la faune qui la peuple : oiseaux, insectes, coquillages... 
L'écriture est splendide, lumineuse et fluide. Delia Owens nous campe le décor avec son œil aguerri de zoologiste et plante ses personnages avec beaucoup de finesse. 
Un magnifique roman d'évasion au cœur des marais aux côtés d'une héroïne hors du commun. Un livre puissant, à la fois féministe et écologiste. Tout simplement splendide. 


Where the Crawdads Sing opens with the discovery of a body. As the investigation unfolds, we travel back in time to discover the story of the so-called "Marsh Girl". Abandoned by her family as a child, Kya must learn to fend for herself. Over the years, the swamp becomes the mother of this curious, lively and fierce girl. Through the lessons of a boy named Tate, Kya learns to read, and reading opens the door to biology to her, who already knows more about the swamp than many scientists. When Tate abandons her too, she locks herself up in loneliness. Rumours about the wild girl are rife among the locals. And the girl finds herself in danger... 
Like the swamp, Where the Crawdads Sing is a perfect blend of light and shadow. Kya is a fascinating heroine. Brave, determined, fiercely independent, she is also sensitive and poetic. And above all, deeply intelligent and observant. The story of her life in the middle of the marsh is an ode to the wilderness and the fauna that inhabits it: birds, insects, shells... 
The writing is splendid, luminous and fluid. Delia Owens sets the scene with her trained zoologist's eye and plants her characters with great finesse. 
A magnificent novel of escapism in the heart of the marshes alongside an extraordinary heroine. A powerful book, both feminist and environmentalist. Simply splendid.

26/06/2022

Hamnet, Maggie O'Farrell

Women's prize for fiction in 2020

CE QUE J'EN AI PENSE 


Hamnet raconte l'histoire de la famille de Shakespeare : sa femme Agnes, une femme hors du commun versée dans les plantes et dotée d'une intuition surnaturelle, sa fille aînée Susannah et ses jumeaux, Judith et Hamnet, deux faces d'une même pièce. Au début du roman, Judith tombe malade et l'ombre de la pestilence, comme ils l'appelaient à l'époque, plane sur la maisonnée. Au fil du roman, nous découvrons Agnes, depuis sa jeunesse jusqu'à ce qu'elle devienne l'épouse de Shakespeare et la mère de ses enfants. Hamnet est un roman qui parle de famille, de maternité et de deuil. Shakespeare n'est pas vu comme le célèbre dramaturge que nous connaissons aujourd'hui mais comme un mari et comme un père. D'ailleurs à aucun moment son nom n'est cité. Il est toujours appelé par sa fonction pour laisser la place à sa famille, aux êtres qui ont compté dans sa vie. Cette histoire est bien-sûr très romancée. Elle n'est est pas moins bouleversante. Elle nous emmène jusqu'à la création de la tragédie Hamlet, nourrie du vécu de l'écrivain. L'écriture est superbe, très imagée, mélodieuse. On s'y croirait. Un très très beau roman, l'un des meilleurs que j'ai lus cette année. 


MY THOUGHTS


Hamnet tells the story of Shakespeare's family: his wife, Agnes, an extraordinary woman versed in plants and endowed with a supernatural intuition, his eldest daughter Susannah and his twins, Judith and Hamnet, two sides of the same coin. At the beginning of the  novel, Judith falls ill and the shadow of the pestilence hangs over the city. Throughout the novel, we discover Agnes, from her youth until she becomes a wife and a mother. Hamnet is about family, maternity and grief. Shakespeare isn't seen as the famous playwright we know today but as a husband and as a father. Anyway, his name is never mentioned. He's always called by his capacity to leave room for his family, for the people who mattered in his life. This story is romanticized of course. Nonetheless it is overwhelming. It is taking us to the creation of the tragedy of Hamlet, fed by this family history. The writing style is superb, colorful, melodious. It feels like we're there. It's a very beautiful novel, one of the best I've read this year.

17/11/2021

La belle époque, réalisé par Nicolas Bedos


RESUME


Victor, un sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où Antoine, un brillant entrepreneur, lui propose une attraction d’un genre nouveau : mélangeant artifices théâtraux et reconstitution historique, cette entreprise propose à ses clients de replonger dans l’époque de leur choix. Victor choisit alors de revivre la semaine la plus marquante de sa vie : celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour...



CRITIQUE


La belle époque
c'est un film qui est beau. Un film qui est beau parce qu'il nous touche. Un film qui est beau parce qu'il est à la fois drôle et émouvant. On rit, on a les larmes aux yeux, on rêve. 
De prime abord, ce film m'a intriguée. Les premières scènes m'ont surprise voire choquée. On voit un homme qui détonne complètement avec le monde moderne, un homme que cette vie virtuelle, cette vie aseptisée et policée ennuie profondément. On voit un mariage qui se délite, on voit des gens qui se blessent parce qu'ils ne se retrouvent plus, parce qu'ils ont peur de vieillir. 
Alors on plonge dans la nostalgie avec cet homme, on plonge dans les souvenirs d'un temps passé fait de contacts vrais, d'un monde riche en odeurs et en sensations, un monde faux mais authentique en fait. 
Alors que le film se déroule, les personnages se dévoilent, leurs histoires se répondent et les liens se resserrent. 
Le scénario est extrêmement bien construit avec beaucoup d'originalité et de finesse. Les dialogues sont forts, chargés d'émotion. Le tout porté par d'excellents acteurs : Daniel Auteuil et son Victor désabusé par la modernité qui se laisse emporter par le fantasme de revivre son amour de jeunesse, Fanny Ardant et sa Marianne qui se donne des allures superficielles pour masquer sa terreur du temps qui passe, Doria Tillier et sa Margot fougueuse et impertinente, Guillaume Canet et son Antoine brillant, autoritaire et au fond, profondément sensible (j'avoue avoir un peu craqué pour lui d'ailleurs). 
La belle époque nous raconte l'amour, l'amour nostalgique, l'amour blessant, l'amour passion, l'amour malheureux et l'amour heureux. L'amour et ses multiples facettes. 
Un film qui réchauffe le cœur.

17/08/2021

Cloud Atlas - Lana Wachowski, Tom Tykwer, Lilly Wachowski


CRITIQUE : CLOUD ATLAS



 Cloud Atlas fait partie de ces films qui ouvrent en nous une porte vers de nouvelles réponses, qui nous offre une compréhension du monde qui ne s'exprime pas par des mots mais qui s'infiltre en nous profondément. 
Au fil du film, nous suivons une multitude de personnages à travers les époques dont les destins résonnent entre eux, se font écho. L'interconnexion entre les différents personnages est d'autant plus mise en exergue que certains personnages qui évoluent dans des temporalités différentes sont joués par les mêmes acteurs. Une marque de naissance qui prend la forme poétique d'une comète les unit également. Passé, présent et futur s'interpellent et se répondent à travers une alternance à l'écran entre les différentes histoires et époques. Les actions réalisées dans une vie se répercutent sur la suivante. Ainsi, Cloud Atlas réfléchit sur le karma et la réincarnation ainsi que sur l'effet papillon. Malgré la multitude d'histoires parallèles, les transitions sont fluides, le film ne perd pas le spectateur et nous garde captivés. 
Ce que j'aime dans Cloud Atlas, c'est que c'est à nous d'interpréter, de s'inspirer, de méditer sur le sens de ce film. Je pense que l'un des messages du film est qu'il faut oser ne pas se conformer à l'ordre établi, qu'il faut oser remettre en question les principes qui régissent notre société et oser agir en conséquence car même un acte qui nous semble insignifiant peut avoir une portée bien plus grande. 
Cloud Atlas bénéficie d'un casting royal : Tom Hanks, Halle Berry, Jim Broadbent... Nous nous laissons porter par leurs différentes incarnations et nous laissons absorber par leurs différentes vies. 
En définitive, Cloud Atlas est un film fascinant de par son originalité, son mystère et sa sagesse. Un très beau film que je vous recommande vivement. 



REVIEW: CLOUD ATLAS




Cloud Atlas is one of those films that opens a door inside us that leads to new answers, that offers an understanding of the world which cannot be expressed in words but which sinks in us deeply.
Throughout the film, we follow a multitude of characters through the ages whose destinies resonate with each other, echo each other. The interconnection between the different characters is all the more highlighted as certain characters who evolve in different temporalities are played by the same actors. A birthmark that takes the poetic form of a comet also unites them. Past, present and future call out to each other and respond to each other through an alternation on the screen between different stories and eras. Actions taken in one life affect the next. Thus, Cloud Atlas reflects on karma and reincarnation as well as the butterfly effect. Despite the multitude of parallel stories, the transitions are fluid, the film does not lose the viewer and keeps us captivated.
What I like about Cloud Atlas is that it's up to us to interpret, to be inspired by, to meditate on the meaning of this film. I think that one of the messages of the film is that we must dare not to conform to the established order, that we must dare to question the principles that govern our society and dare to act accordingly because even an act that seems insignificant to us may have a much greater significance.
Cloud Atlas benefits from a royal cast: Tom Hanks, Halle Berry, Jim Broadbent ... We let ourselves be carried by their different incarnations and we let ourselves be absorbed by their different lives.
Ultimately, Cloud Atlas is a fascinating film for its originality, its mystery and its wisdom. A very beautiful film that I highly recommend. 

04/06/2021

Promising Young Woman - Emerald Fennell



CRITIQUE : PROMISING YOUNG WOMAN REALISE PAR EMERALD FENNELL


 Promising Young Woman suit Cassie, une jeune femme intelligente dont l'avenir prometteur a été remis en question lors de la survenue d'un événement inattendu. Au moment où nous la rencontrons, elle mène une double vie : serveuse dans un café le jour, elle se rend dans des bars la nuit où elle fait semblant d'être complètement ivre et de ne plus savoir ce qu'elle fait attendant qu'un homme "bien" vienne lui proposer de la ramener chez elle...
Promising Young Woman est l'histoire d'une vengeance mais pas seulement. Cassie fait justice à elle-même mais elle fait aussi justice à toutes les femmes victimes d'abus. Carey Mulligan est saisissante dans le rôle de Cassie incarnant à la perfection une femme brillante, rusée et redoutable. Les plans sont superbes avec des couleurs pop maîtrisées. L'ironie est palpable dès le début avec de gros plans sur des fesses d'hommes en train de danser, moquerie du "male gaze". Ce film n'épargne personne : ni les persécuteurs, ni les témoins passifs, ni les figures d'autorité qui préfèrent protéger les coupables que les victimes. Et ce film n'épargne pas les femmes qui se rendent complices de ces crimes. Promising Young Woman est une comédie noire féministe et jouissive. Une satire percutante et acide. Si un film pouvait prétendre à changer les mentalités, ce serait celui-ci. 



REVIEW: PROMISING YOUNG WOMAN DIRECTED BY EMERALD FENNELL



Promising Young Woman follows Cassie, a smart young woman whose promising future was compromised by an unexpected turn of events. By the time we meet her, she is leading a double life: waitress in a cafe during the day, she goes to bars at night where she pretends to be completely drunk and not knowing what she is doing waiting for a "nice" guy to come and offer to take her home...
Promising Young Woman is a story of revenge, but not only. Cassie does justice to herself, but she also does justice to all abused women. Carey Mulligan is striking as Cassie perfectly embodying a brilliant, cunning and formidable woman. The plans are superb with a thoughtful use of pop colors. The irony is palpable from the start with close-ups of dancing men's buttocks, mockery of the "male gaze". This film spares noone: neither the persecutors, nor the passive witnesses, nor the figures of authority which protect the guilty over the victims. And this film does not spare the women who are complicit in these crimes. Young Promising Woman is a feminist and pleasurable black comedy. A hard-hitting and sour satire. If a film could claim to change mentalities, this would be it. 

03/01/2021

La dernière vie de Simon réalisé par Léo Karmann


SYNOPSIS



Simon a 8 ans, il est orphelin. Son rêve est de trouver une famille prête à l’accueillir. Mais Simon n’est pas un enfant comme les autres, il a un pouvoir secret : il est capable de prendre l’apparence de chaque personne qu’il a déjà touchée… Et vous, qui seriez-vous si vous pouviez vous transformer ?


CRITIQUE



Bouleversant. C'est le premier mot qui me vient à l'esprit une fois passé le choc émotionnel. 
La dernière vie de Simon est un film somptueux. Un conte fantastique poignant qui nous emmène sur des montagnes russes émotionnelles. Le scénario est extrêmement bien pensé. Le jeu des acteurs est saisissant par sa justesse et son intensité. Les acteurs qui interprètent le rôle de Simon sont tout particulièrement remarquables. Tout est dans leur regard qui exprime une vulnérabilité et une sensibilité exacerbée. Les plans sont superbes. Le tout dans un cadre breton. C'est beau. C'est immensément beau.
La dernière vie de Simon c'est une grande histoire d'amour, l'ultime histoire d'amour. Un amour à la fois familial et romantique. Une histoire magnifique et déchirante.
Je n'ai pas les mots pour rendre justice à ce film. Je ne peux que vous dire que c'est un film qui vous donne les larmes aux yeux et qui vous prend aux tripes. Un film poétique et dramatique qui vous remue profondément. A voir absolument. 

14/06/2020

Tolkien



CRITIQUE : TOLKIEN REALISE PAR DOME KARUKOSKI


Le film Tolkien nous raconte les jeunes années de John Ronald Reuel Tolkien depuis la mort de ses parents à la Première Guerre Mondiale. C'est l'histoire d'un jeune homme à l'esprit rêveur et à l'imagination fertile. C'est l'histoire d'une confrérie, d'un cercle de quatre gentlemen unis dans une amitié indéfectible par le goût de l'art. C'est l'histoire de la construction d'un homme devenu un monument de la littérature fantasy.
Dans Tolkien nous plongeons dans l'atmosphère de l'Angleterre du début du XXème siècle, de ses écoles privées et de ses collèges et assistons aux réunions de la Tea Club Barrovian Society, T. C. B. S. pour les intimes. Ce cercle est composé de quatre jeunes hommes épris de poésie, de musique, de peinture et de littérature. Quatre garçons audacieux et plein de rêves. Le film recrée à merveille leur univers et nous immerge dans cette époque qui a inspirée Tolkien. Ce biopic nous fait cheminer à la frontière entre les deux mondes de l'écrivain, celui bien réel de sa formation académique et de l'épreuve de la Première Guerre Mondiale et celui, imaginaire de ses légendes épiques, de ses dessins et de ses visions fantastiques. A la frontière des deux, un esprit brillant capable, chose extraordinaire, d'inventer des langues tant sa connaissance philologique est profonde et son imagination sans limite. 
Mais Tolkien n'est pas seulement un film à propos d'un génie et de ses brillants amis. C'est aussi le récit d'une merveilleuse histoire d'amour entre le futur écrivain et la jeune Edith Pratt incarnée de façon charmante et intelligente par Lily James. L'alchimie entre les deux jeunes gens est palpable.
Enfin, Tolkien est un film profondément poignant rempli d'émotions et de poésie. Un hommage vibrant à un homme brillant et fascinant de par sa finesse d'esprit, sa sensibilité, son imagination prolifique, son goût et son talent pour les mots.
Un film absolument magnifique !





REVIEW: TOLKIEN DIRECTED BY DOME KARUKOSKI


Tolkien tells us the young years of John Ronald Reuel Tolkien from the death of his parents to the first World War. It's the story of a man with a dreamy spirit and a fertile imagination. It's the story of a fellowship, a circle of four gentlemen united in an unwavering friendship by their taste for art. It's the story of how a man who became a monument of fantasy was built.
In Tolkien, we dwelve into the atmosphere of England in the beginning of the XXth century, its privates schools and its colleges and we attend meetings of the Tea Club Barrovian Society, T. C. B. S. for intimates. This circle is formed by four young men fond of poetry, music, paintings and literature. Four bold men full of dreams. This film recreates perfectly their universe and immerse ourselves in this time which inspired Tolkien. This biopic makes us travel at the boundary of the two worlds of the writer, the one very real of his academic background and the horror of the First World War and the imaginary one filled with his epic legends, his drawings and his fantastic visions. At the border of the two, is a brilliant spirit capable, extraordinarily, to invent languages as his knowledge of philology is so vast and his imagination without limits. 
But Tolkien isn't just a film about a genius and his brilliant friends. It's also the story of a wonderful love story between the future writer and the young Edith Pratt embodied charmingly and cleverly by Lily James. The alchemy between the two is tangible. 
Finally, Tolkien is a profundly poignant, filled with emotions and poetry. A vibrant tribute to a brilliant and fascinating man in regards to his sharpness of mind, his sensibility, his prolific imagination, his taste and talent for words.
An absolutely wonderful film!